dimanche, décembre 04, 2005

Les capitalistes n'aiment pas le marché.


Bouygues, SFR et orange/France-télécom ont décidé que la concurrence non faussé c'était utopique. Probablement influencé par l'extrême gauche, les grands patrons des ces trois grands groupes ont décidé de recréer un monopole dans l'intérêt de leurs entreprises respectives. Ils ont du se dire que c'était mieux avant.


Le truc qu'est con c'est que du temps de France-télécom les bénéfices de l'entreprise appartenaient en quelques sorte aux citoyens français. Ou du moins était réinvesti dans l'entreprise et permettait un accès égal pour tous à un même service au même prix. Tandis que là c'est direct dans la poche de l'actionnaire ! Et hop par ici les biftons !


C'est un truc qu'est quand même vachement drôle. Les patrons et les cadres des entreprises, quelque soit leurs tailles, détestent la concurrence et les lois du marché. Celui qui possèdent une petite expérience professionnelle aux sein d' entreprises commerciales sait de quoi je parle.


Tout est fait pour que le marché ne fonctionne pas de manière naturelle. Déjà il faudrait pourvoir établir où est le naturel du marché. Alain Minc vous expliquera que le marché c'est comme l'apesanteur dans l'espace. Il faut faire avec. Se serait en quelque sorte une loi de la nature. Le problème, c'est que l'homme l'a un peut inventé le marché. On a jamais vu un hypermarché chez les fourmis, ou une bourse du fromage chez les souris. J' dit pas que y a pas un peut de troc. Un bon dépucelage du dos contre quelque bananes chez les chimpanzés c'est possible. Mais bon le marché c'est un système d'échange propre à l'homme pour répartir les ressources, en situation d'abondance, de la manière la plus rationnelle qui soit.


Mais les règles du marché c'est nous qu'on se les impose. Ca parrait con à dire même en mauvais français. La réalité du marché c'est ça. Il nous appartient. On l'a créé. Donc c'est vrai qu'on peut tout à fait changer les règles si ont trouve qu'elles ne sont pas efficaces. Les patrons de Bouyguesseffairorange, le nouveaux service public de téléphonie mobile, ont juste décidés que la manière la plus efficace pour eux d'assurer la pérénnitée de leur activité était de proposer aux consommateurs exactement les mêmes services aux mêmes prix.

Et on peut pas vraiment le leur reprocher. Non c'est vrai pourquoi se faire la guerre quand on peut faire la paix. Pas de baisse des prix ruineuse pour la marge et pas de campagnes de pubs incroyablement coûteuses pour faire connaître les avantages de son offre.


Il y a deux trucs rigolos là dedans. Déjà y avait pas besoin d'être expert de la commission de la concurrence machintruc pour se rendre compte que les offres des principaux opérateurs étaient totalement similaire du temps de ces ententes illicites. Y en a pas un qu'a pensé :

" Tiens c'est marrant la libéralisation de certain marchés (en l'occurrence les télécommunications) n'apporte pas pour le consommateur un choix significatif au niveau de l'offre. C'est curieux. Adams smith aurait t il eu tord. La main invisible du marché est elle en train de se gratter les couilles au lieu de réguler ou quoi ?"


Il s'agit de questions qui ne font plus débat. Pour dénoncer les imperfections des services publics de l'état là tout le monde s'y met. Y a des grèves, ça marche mal il faut privatiser , etc...Par contre j'ai pas entendu beaucoup d'analystes économiques s'insurger contre l'enculage à sec du consommateur que représentaient les offres des opérateurs de mobiles.

J'aurais aimé entendre un truc du genre "Les entreprises privés ça marche pas bien, c'est inefficace, faut nationaliser."


Et puis il y a le plus drôle. N'étant pas en réelle situation de concurrence sur un marché en pleine expansion à quoi a bien pu servir les millions d'euros dépensés en publicités durant cette période ? bIn oui tiens à quoi ? Si il y a pas de concurrence à quoi sert la pub ?

Et bien s'est simple, d'abord pousser les gens à s'équiper de mobiles (même si on peut se demander si y avait besoin) et surtout les attirer vers l'un des différents opérateurs. Logique.


Donc Bouygues, sfr, orange ont fait le pari de se battre sur le terrain de la pub au lieu de celui des prix. Résultat, on a été gavé de pub pendant des années, juste pour rien, puisqu'au bout du compte nous, clients, n'avons bénéficié d'aucuns avantages supplémentaires en terme d'offre.


Pour résumer c'est vraiment prendre les gens pour des cons, et cela à grande échelle. Vous avez entendu un journaliste ou un homme politique se scandaliser de cela vous ? Bin non, presque pas. Voilà pourtant des types qui en ont fait plus contre le capitalisme que n'importe quel militants communiste ne pourra jamais le faire. Et tout le monde ferme ça gueule parce qu'on va pas se fâcher avec TF1 quand même. Médiatique ment c'est du suicide. L'autre raison est que ce genres d' arrangements avec les lois du marchés sont monnaies courantes.


Le truc qui étonne c'est qu'ils se sont fait avoir. Dès qu'elles en ont les moyens les entreprises s'assoient sur les principes qu'elles défendent pourtant bec et ongles quant il s'agit de privatiser et de libéraliser de nouveaux marchés. La concurrence non faussée est une utopie à laquelle ils ne croient plus eux mêmes depuis longtemps. Tout les moyens sont bons pour accroître ses parts de marché. Les dessous de table, l'espionnage industriel, les pression sur les fournisseurs pour qu'ils ne livrent plus les distributeurs concurrents qui vendent moins cher, la publicité mensongère, la corruption de fonctionnaires etc...


Le concept de concurrence est accepté par tous, je veux dire nous gogo consommateurs, car il est le symbole de l'économie de marché. Le remettre en cause dans son fonctionnement c'est faire du communisme et plaider pour le retour du goulag. (ceci dit on se rend compte aujourd'hui que le capitalisme à l'américaine a également besoin de goulag comme quoi plus ça change plus c'est pareil...) Pourtant les "vrais" principes d'une bonne et saine "concurrence "efficace" sont bafoués tous les jours devant nos yeux et tout le monde s'en fout.


Rien que la publicité. Elle biaise souvent le bon fonctionnement du marché. Si elle te permet d'être informé sur l'ensemble des offres qui existe pour un produit ou un service donné afin de te permettre d'acheter celui qui correspond le mieux à tes attentes en terme de prix et de qualité c'est parfait. Mais dans la réalité ça marche pas comme ça. Certaines dépenses publicitaires n'ont pour unique but que d'entraver l'émergence de nouveaux concurrents. Ou alors d'imposer une image de marque aux consommateurs par le biais de campagnes abstraites, qui consistent bien souvent à associer une paire de fesse ou de nibar à un produit ou un service. Ces campagnes d'images ne vont à aucun moment représenter un plus pour le consommateur qui se retrouve manipulé par un système encore plus efficace et plus insidieux que la propagande d'un état totalitaire. Cette différenciation par l'image ne va pas nécessairement favoriser l'entreprise qui a été la plus performante en terme de qualité/prix et d'innovation. Ce qui induit à un mauvais fonctionnement du marché et une moindre efficacité en terme économique.


Dans l'affaire des mobiles ont peut tout à fait se demander si la libéralisation du marché des télécoms était une bonne chose. (Déja pour la ligne fixe une première étude prouvait que les tarifs ont augmentés pour les particuliers.) Réfléchis au millions qui aurait pu être économisés sans les dépenses de commercialisation. Bin oui un service public n'a pas, à priori, à faire de publicité ni a embaucher de commerciaux pour vendre ses services. On peut raisonnable ment penser que même sans pub le nombre d'abonnés aurait suivit un peu près la même évolution vu les avantages évident des portables dans la vie de tous les jours. Déjà là ça pouvait faire baisser les tarifs. Et on se tapait pas tous ces spots TV niaiseux qui promettent un monde meilleur surtout si t'es beaux, jeunes et branché. De plus, trois opérateurs il faut trois antennes partout. Débile.


Le discours est simple. Tout ce qui nous avantage, nous les patrons, dans la théorie économique on prend. Tout ce qui nous emmerde, on vous le laisse. Si vous vous posez des questions demandez à Jean-Marc Sylvestre il vous expliquera.


On a eu ni le beurre ni l'argent du beurre. Résultat c'était un peu sec mais c'est rentré.


...

3 Comments:

At décembre 04, 2005 8:54 PM, Anonymous Le Monolecte said...

Comme quoi, la main invisible, on la préfère encore à se gratter les couilles, qu'à nous chercher, avec ou sans beurre.
A ce propos, petit cours d'arithmétique simple : soit une amende de 500 millions d'euros. Soit un bénéfice via le cartel estimé à plus de 1 milliard d'euros en seulement 3 ans. Résultat : 500 millions d'euros in the pocket!
Qui a dit que le crime ne paie pas?

 
At décembre 05, 2005 5:40 PM, Anonymous Anonyme said...

Très bonne analyse éco !!

Les baisés du mobile peuvent aller voir du côté de l'UFC que choisir (bonne question !) :
www.cartelmobile.org

(afp :)
Lundi matin 5 décembre, plus de 120 000 clients d'Orange, SFR ou Bouygues Telecom, s'étaient inscrits sur le site Internet de l'UFC-Que choisir (cartelmobile.org) pour faire estimer leur préjudice, suite à la condamnation, le 30 novembre, des trois opérateurs mobiles pour entente illicite par le Conseil de la concurrence.

 
At décembre 08, 2005 11:15 AM, Blogger eldrakan said...

belle démonstration ... toute entreprise, au delà d'une certaine taille, préfère éviter la concurrence, car elle ne peut se permettre de voir son per baisser et ses actionnaires mécontents car ceux-ci ne sont plus dans l'investissement mais dans le retour sur investissement.

toute la réflexion sur l'actionnariat et le management actuelle tourne autour de ça. les mesures gouvernementales en occident qui visaient à conforter les investisseurs a conforté les représentants des actionnaires et obligé les managers à se positionner en actionnaire et donc à réfléchir à court terme.

d'où les difficultés de certains fonds de pension, d'ailleurs, ce qui n'est pas sans m'arracher un sourire.

total, la concurrence est faite pour les cons : ceux qui bossent, privé ou public, salarié ou entrepreneur.

 

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