mardi, avril 11, 2006

Jean Boissonnat : Les jeunes vont bien et même j'en connais !


Jean se demande qui peut bien encore lire ses brillants éditos économiques. A tel point qu'il fait exprès de raconter tout et son contraire d'un jour à l'autre. Exprès ! Pour voir si on suit ! Un peut comme certain profs dans leurs cours. On vous l'a jamais fait ?

Ca donne un truc du genre :

"Alors là vous voyez vous avez deux droites qui se croisent en un point AB dont le cosinus est égal à l'inverse de la fraction du multiplicateur commun aux deux équations précédentes et si vous me mettez un doigt dans le cul et comptez jusqu'à trente trois j'aurai peut être de la température."

Et là si il n'y a que le fayot de service qui réagit toute la classe se prend une intéro surprise.

Jean c'est pareil. Le gars doit avoir un coup de blouse plus personne fait gaffe à sa gueule, on a pas du l'inviter à la télé depuis longtemps, sa femme ne lui dit plus rien quand il met trop de confiture sur ses tartines et les gens ne le reconnaissent plus à la messe le dimanche matin. Alors il teste ses lecteurs. Et il va être content parce que moi au moins j'ai remarqué!

Voici ce qu'il affirme en première page du Ouest France du 5 avril :

Elle (la jeunesse) est en première ligne avec un taux de chômage plus élevé que dans les autres couches de la population et elle est confrontée - situation propre à son âge - aux inconnues de l'avenir.

Hors comme je l'indiquais dans ce post, dans le Ouest France du 23 janvier dernier, il affirmait tout le contraire et consacrait un édito de première page entier au sujet. C'est à dire que les chiffres cités par les politiques au sujets du fort taux de chômage des jeunes ne représentaient pas la réalité. Il suivait plus ou moins le même raisonnement que moi ici.

Pourquoi veux tu que quelqu'un de sérieux comme le Rédacteur en chef du magazine économique l'Expansion, se contredise à ce point en l'espace de 3 mois et surtout dans le même journal ? C'est forcé qu'il l'a fait exprès parce que c'est tout de même pas un point de détail.

Ou alors, deuxième explication, plus fine intellectuellement : Il en a rien a péter !

"Putain ! Encore un édito pour Ouest-France ! Plein le cul de ce journal de bouseux, qu'est ce que je vais bien pourvoir écrire sur ce CPE à la con !" Et puis un bon enfonçage de portes ouvertes et quelques enculades de mouches plus tard, il est torché l'édito. Après, pour les arguments, faut en trouver qui collent au raisonnement. Pas grave si il faut se parjurer pour ça.

Il nous dit aussi :

Les relations que chacun d'entre nous entretient avec des jeunes, les sondages d'opinion réalisés auprès d'elle (...) et même les statistiques sur le suicide (40 % de moins chez les 15-24 ans en dix ans) conduisent à nuancer les images uniformément sombres que beaucoup de médias diffusent sur la jeunesse.

Attend, tu connais cet indice toi ? "les relations que chacun d'entre nous entretiens avec des jeunes". T'imagine la gueule des jeunes avec qui il doit relationner le Jean ? Si tu tapes son nom sur google tu vas pouvoir te faire tout de suite une idée. Voici tout les liens référencé sur la première page de google en tapant "Jean Boissonat":

  1. Eglise catholique en France - Semaines sociales - Jean Boissonat

  2. Note de lecture : Dieu et l'Europe, par Jean Boissonat, DDB, 2005

  3. Europartenaires

  4. Jean-Daniel BOISSONNAT -

  5. L'évêque et l'économiste - Mgr Olivier de Berranger, Jean Boissonat

  6. forums.cef.frLe CPE : point de vue d'un économiste chrétien, Jean Boissonat (à tous)

  7. Croire

Voilà pour la première page. (bon en fait vous avez remarqué, j'ai fait une faute dans le nom. Et oui je fait aussi des fautes dans le nom des gens. Donc en fait là c'est les sites qui on fait une faute aussi. J'ai essayé la recherche avec le nom bien orthographié mais c'est moins drôle,. Même si on trouve "Témoin de Dieu : Jean Boissonnat" en deuxième position. Alors comme je m'autorise l'utilisation de la mauvaise foi (gag) la plus totale juste pour me moquer des gens j'ai gardé le truc tel quel.)

On sent le gars vachement proche des jeunes d'aujourd'hui.

"Alors Philippe-Edouard, comment allez vous ?
- Très bien monsieur Boissonnat, j'ai eu mention partout, mère est ravie.
- Ah c'est très bien félicitation. Mais comment vous sentez vous psychologiquement ?
- C'est pas facile tout les jours mais la prière m'aide beaucoup vous savez. Sans le tout puissant, qui me montre chaque jour le droit chemin, je ne sais pas ce que je deviendrai. J'ai foi en l'avenir grace à la foi.
- Formidable ! Euuhh... Super-coule ! Bravo !"

C'est pas débile ça ? Les vertus de l'enquête de promixité perso comme indicateur de l'état social du pays. Pour la conjoncture économique il demande à son coiffeur. "Alors beaucoup de brushing aujourd'hui ? Non ? Que des couleurs ?! Oh bin c'est pas mal quand même, c'est que la croissance revient. J'vais en parler dans " l'Expansion."

J't'épargne les commentaires sur la pertinence des sondages d'opinions dont l'efficience en la matière a déjà fait ses preuves, reste l'argument de la baisse du suicide chez les jeunes de la tranche d'âge 15-24 ans. Ca fait tout de même un peu bizarre de dire " Les jeunes vont bien, la preuve, ils se suicident moins qu'avant."

Demain on va affiner les politiques sociales en fonction du nombre de suicides ça va être drôle. Une baisse du suicide chez les personnes agées et hop ! On baisse le niveau des pensions de retraites ! Déjà il faudrait savoir pourquoi il baisse ce niveau de suicide. Ca peut être du à une meilleur prise en charge de la souffrance psychologique d'une catégorie de personne par l'intermédiaire de la mise en place de programmes d'actions spécifiques. Le résultat obtenu a peut de chance de représenter le niveaux général d'optimisme d'une génération entière. Enfin je sais même pas pourquoi je tartine là dessus c'est complètement con.

le billet commence bien aussi :

"Il n'est pas trop tôt pour tirer les premières leçons d'une crise qui aura décontenancé les Français, navré nos amis et amusé les autres".

Toujours le même discours sur le fait qu'on a forcément toujours l'air con de manifester dans la rue vis à vis des habitants des autres pays qui, eux, savent se comporter "dignement " et ne manifestent jamais leur mécontentement. Ca fait vulgaire ! Ce qui est étrange c'est que pour Boisonnat il y a "nos amis" et "les autres". Qui c'est "les autres" ? Manifestement ça ne peut êtres que le contraire de "nos amis". Donc nos "ennemis". Dommage qu'il va pas plus loin l'économiste éditorialiste à la croix de bois, parce que moi j'aurais bien aimé savoir c'est qui nos ennemis. "Les ennemis de la France se rient de nous !". Rendez-vous compte, l'heure est grave, pour en sortir dignement je propose l'autoflagelation ou carrément le suicide collectif.

En bref le mec il parle pour ne rien dire, se croit plus intelligent que tout le monde, méprise profondément les jeunes qui manifestent au lieu d'aller à la messe et avec ça il est sur de faire plaisir à tout le monde, de choquer personne. Ca peut se résumer par : le gouvernement s'y est mal pris, il aurait pas du faire comme ça, mais tout ne va pas si mal puisque les jeunes sont contents. Il finit par une phrase pour le moins sybiline :

"Au final, ce sont eux qui règlent l'addition de nos erreurs et de leurs propres inconséquences."


J'suis encore en train d'essayer de trouver le lien avec le reste du texte. Il noircit ses 4 colonnes à la une, ça n'apprend rien à personne, fait pas avancer le débat mais ça mange pas de pain. Et puis de toute façon l'important c'est que le lecteur soit pas trop perturbé quand il lit les pubs sinon il risque d'oublier que les tapis sont en soldes chez Saint Maclou ou que le dernier 4X4 de chez BMW est enfin sortit. Il peut même dire exactement l'inverse que y a 3 mois c'est pas grave. Sa bonne de gueule de Catho fera le reste. Je sais pas combien il est payé pour écrire ça mais ça fout les boules qu'on abatte des arbres pour imprimer ce chapelet de conneries.

Dans le Ouest -France de ce jour de toute façon c'est un festival. Pour exemple ce commentaire de Jean-Yves BOULIC à propos de Ségolène Royale :

"Comment expliquer un tel phénomène (La popularité de Ségolène), qui surprend même (peut-être surtout) ceux qui la connaissent ?"

J'avais déjà parlé ce cet argument, utilisé par Duhamel à Arrêt sur image, qui ne cesse de m'étonner. C'est un peut dire : "Ca se voit pas à la télé mais en fait elle est complètement conne !"

Déjà j'ai pas souvenir d'un homme politique pour lequel ont aurait employé ce genre d'argument. Et pourtant je suis sur qu'on aurait pu. Le fait qu'elle soit une femme me semble être la seule explication.

Ou alors elle est "vraiment" grave conne !

Mais l'est elle plus que Villepin ? Dont j'ai jamais entendu dire qu'il n'était en fait qu'un bouffon malgré l'évidence (La course en short sur la plage, la dissolution, le fait d'être un pôte de Chirac). Donc de toute façon il me semble un peut fatal qu'à ce niveau de responsabilité, et c'est l'expérience de ces 20 dernières années qui nous l'apprend, on aura toujours des gens dont l'équilibre mental passera au second plan par rapport à l'image dans les médias. Pourquoi s'en plaindre en particulier à propos de Ségolène ? Je sais pas.

Pour finir en beauté, sur la même page, un article d'Alexandre BILLETTE sur l'Ukraine, dans lequel ont peut lire :

"Grand perdant des élections législatives du 26 mars, le parti présidentiel Notre Ukraine a obtenu moins de 14 % des voix, un résultat qui obligeait Viktor Iouchtchenko à choisir entre le camp de Ioulia Timochenko, charismatique et volontiers populiste, et celui des pro-Russes du Parti des régions de Viktor Ianoukovitch, arrivés premier lors du scrutin."

Ioulia Timochenko c'est celle qui ressemble à princesse Leila dans le retour du Jedi mais en blonde. Avé les tresses. On comprend plus loin pourquoi "volontiers populiste" alors que tout le monde en disait du bien avant.

"Les marchés redoutent le retour de Timochenko, qui avait menacé de revenir sur certaines privatisations obscures de grandes entreprises d'État, et qui conteste l'accord conclu par le président Iouchtchenko avec Moscou après la guerre du gaz au début de cette année."

Donc revenir sur des privatisations même "obscures" c'est faire preuve de "populisme". T'as remarqué ? Dès qu'on touche aux privatisations c'est du populisme. IL rajoute plus loin :

Ioulia Timochenko ne tient jamais ses promesses et il est très difficile de lui faire confiance », déclarait, hier, un proche du Président."

Pourquoi cet avis là plutôt qu'un autre ? Si il avait cherché un peu c'est sur qu'il aurait trouvé un "proche" d'Ioulia Timochenko pour dire exactement la même chose sur le Président Ukrainien. Les journalistes utilisent très souvent se truc pour dire en fait ce qu'ils pensent eux mêmes. En interrogeant deux ou trois personnes qui traînent par là tu finis toujours par tomber sur un mec qui dira exactement ce que tu veux entendre. Mieux ; tu l'inventes !! Bin oui, qui nous dit qu'il existe ce "proche du président"? Il n'y a pas de nom ! Tu peux inventer qui tu veux, qui dit ce que tu veux, tu donnes pas de nom, personne va vérifier. Et comme ça t'es même pas obligé d'argumenter ton propos. Si il affirme lui même qu'Ioulia ne tiens pas ses prommesses, il va falloir qu'il le prouve. Si c'est quelqu'un d'autre qui le dit c'est considéré comme de l'interview. Du "off" comme ils disent, c'est à dire n'importe quoi.

Ce fameux président, qui lui évidemment tiens toutes ses promesses et vis à vis duquel on peut avoir totalement confiance, viens tout de même de se faire battre comme une grosse bouze aux élections alors qu'il jouissait d'une super cote de popularité après sa prise du pouvoir et sa "défiguration" par la police secrète Russe. Il faudrait se poser la question de savoir comment ça se fait. Mais pour Ouest-France l'info est sans doute de second ordre et l'électeur Ukrainien ça doit être un peut comme l'électeur d'Allemagne de l'Est, des gros blaireaux qui comprennent rien à la politique. Ce qu'il faudrait faire c'est une association comme "reporter sans frontières" mais à l'envers. Qui nous protégerait contre la connerie des journalistes. Ca s'appellerait "Lecteurs des journaux qui chaque matin ont des envies de meurtre sans frontières". Je serais président et il y aurait chaque année une journée dédié aux lecteurs de la presse méritant.

Ci joint l'intégralité de ces articles paru dans le Ouest-France du 5 avril

Editorial
Les leçons d'une crise
par Jean Boissonnat

Il n'est pas trop tôt pour tirer les premières leçons d'une crise qui aura décontenancé les Français, navré nos amis et amusé les autres. Encore que nul ne puisse, aujourd'hui, en faire le bilan final.

La première leçon est politique. Un pouvoir fatigué par la durée de son mandat (onze ans à l'Élysée...) et par ses graves échecs de l'an passé (victoire du « non » au référendum sur l'Europe, flambée de violence dans les banlieues, après la perte du pouvoir dans toutes les régions, sauf une, l'année précédente) n'avait plus le crédit suffisant pour engager des réformes délicates sur des sujets sensibles. Le gouvernement devait, d'ailleurs, en avoir vaguement conscience en procédant « à la hussarde », sans débats sérieux ni consultations préalables. Il a cru pouvoir jouer de l'effet de surprise. Celle-ci s'est retournée contre lui, car on peut être étonné de voir la violence des réactions devant un projet, le Contrat première embauche, somme toute d'ampleur limitée, même s'il touchait à des principes plus profonds : la discrimination, selon l'âge, et l'absence de justification d'une décision aussi lourde de conséquences pour le salarié que son licenciement.

Voici une deuxième leçon de cette crise. D'un accident de parcours limité peut naître une crise de grande ampleur, laquelle risque de rendre plus difficile toute autre solution au problème de fond : comment faire reculer le chômage en France, de façon significative et durable, comme ont su le faire toutes les autres économies comparables à la nôtre, Allemagne exceptée. Mais celle-ci a une excuse que nous ne pouvons pas évoquer : la réunification de deux sociétés gérées, pendant un demi-siècle, selon des principes si différents que toute solution exige beaucoup de temps et d'argent.

Place nette

Que la jeunesse soit la catégorie sociale la plus sensible à cet échec dans la bataille pour l'emploi ne peut pas surprendre. Elle est en première ligne avec un taux de chômage plus élevé que dans les autres couches de la population et elle est confrontée - situation propre à son âge - aux inconnues de l'avenir. Toutefois, n'en tirons pas trop vite des conclusions apocalyptiques sur le « désespoir » de la jeunesse. Les relations que chacun d'entre nous entretient avec des jeunes, les sondages d'opinion réalisés auprès d'elle (l'un d'entre eux, à la fin de l'an passé, faisait apparaître que 60 % des jeunes étaient plutôt optimistes en ce qui concerne leur avenir personnel et 38 % plutôt pessimistes) et même les statistiques sur le suicide (40 % de moins chez les 15-24 ans en dix ans) conduisent à nuancer les images uniformément sombres que beaucoup de médias diffusent sur la jeunesse.

Cela dit, que faire aujourd'hui ? D'abord, pour éviter un drame toujours possible, sortir de la crise et tourner la page, renoncer clairement au CPE, lequel bouchera tout l'horizon tant qu'il existera, fût-ce à l'état de coquille vide. Ensuite organiser les débats entre les forces sociales et politiques, tirer les leçons des exemples étrangers et tester des expériences novatrices. C'est d'ailleurs ce que le gouvernement a entrepris (il ne fait pas que des erreurs...), par exemple sur les contrats de transition professionnelle dans certaines localités. Dans tous les cas, il faut sortir au plus vite de l'ornière dans laquelle on enfonce un peu plus les jeunes engagés dans ce conflit, en les privant de diplômes sérieusement préparés ou d'apprentissage réellement professionnalisé. Au final, ce sont eux qui règlent l'addition de nos erreurs et de leurs propres inconséquences.


Politique
Ségolène Royal tout en haut de l'affiche

À la une de quatre hebdomadaires, hier, Ségolène Royal était aussi au 20 h de TF1. Frédéric Laguet
Il n'y en a plus que pour la députée socialiste des Deux-Sèvres ! Pourquoi ? et jusqu'à quand ?

Pour Jean Glavany, ancien ministre de François Mitterrand, les militants socialistes ne choisiront pas leur candidat à la présidentielle en fonction des couvertures de magazines. Si pourtant c'était le cas - peuvent-ils ne pas en tenir compte ? - Marie-Ségolène Royal (pour l'état civil) serait bientôt reine de France ou l'équivalent républicain. Non seulement les sondages la mettent au pinacle de la popularité, mais personne ne peut plus échapper à son image : elle fait la « une » de quatre hebdomadaires parmi les plus importants, elle était hier au journal de 20 h de TF1, elle publie le premier chapitre de son prochain livre sur Internet, et un nouvel ouvrage La madone et le culbuto (Fayard), met en scène « l'inlassable ambition de Ségolène Royal et François Hollande »...

Comment expliquer un tel phénomène, qui surprend même (peut-être surtout) ceux qui la connaissent ? La première réponse est assez simple : elle incarne le renouvellement. À 52 ans, réussissant à faire oublier qu'elle est énarque (de la même promotion que Villepin) et en politique depuis une bonne vingtaine d'années, « Ségolène » affiche une fraîcheur de battante énergique et glamour. On la dirait sortie, toute armée de grâce, d'un tableau de Giotto. Elle a été plusieurs fois ministre, mais dans « des ministères de la vie quotidienne », pour s'occuper de la famille, de l'école, de la petite enfance, de l'environnement... Elle a mené des combats, médiatisés à souhait, contre les OGM, le bizutage, l'heure d'été, la violence dans les médias, mais aussi pour « la pilule du lendemain », pour le congé paternel, pour le service civil obligatoire, garçons et filles, etc. Elle était favorable au Pacs, mais elle est opposée au mariage gay et à l'adoption des enfants par des couples homosexuels. Elle défend bien évidemment la laïcité mais elle a donné une éducation religieuse à ses enfants.

Moderne sans renier la tradition, provinciale et parisienne, mère sans être mariée, socialiste et pragmatique, c'est une femme - et cela est aussi un plus - qui colle parfaitement à la France d'aujourd'hui, jusque dans ses contradictions. Déroutante pour une partie de la gauche politisée, quand par exemple elle fait l'éloge de Tony Blair, elle est en même temps une cible trop mobile pour la droite. À la droite de la gauche, à la gauche de la droite, la vraie centriste, c'est elle ! De plus, elle bénéficie, sinon du rejet, tout au moins d'une certaine lassitude à l'égard de ses rivaux, ces « éléphants » socialistes qui traînent derrière eux l'exercice du pouvoir, les échecs de la présidentielle et du référendum européen (qui est pourtant aussi le sien !).

Il est trop tôt pour savoir si cette popularité exceptionnelle durera. Un an à tenir, aussi exposée, c'est très long, et les médias se fatiguent vite. « Elle séduit au loin et irrite au près », assure Jean-Pierre Raffarin qu'elle a battu en 2004 à la présidence de la Région Poitou-Charentes. « Si l'élan se poursuit, ce que je crois, disait-elle en décembre, si les électeurs de gauche me demandent, ce que j'espère, alors les autres n'auront pas le choix. Ce sera moi ! ».

Jean-Yves BOULIC.
Ouest-France du vendredi 7 avril 2006






Etranger
Ukraine : le front Orange va se reconstituer

Ioulia Timochenko en position de force. Le président Viktor Iouchtchenko, grand perdant des législatives du 26 mars, s'est résigné à reconstituer la coalition orange.Reuters
Ioulia Timochenko exige d'être Premier ministre. Elle est en position de force face au président Iouchtchenko, grand perdant des législatives.

KIEV (correspondance). - La dame de fer de la politique ukrainienne a réussi son pari. Après dix jours de tractations, le parti du président Viktor Iouchtchenko s'est résigné, dans la nuit de mercredi à jeudi, à proposer une coalition à son ex-alliée Ioulia Timochenko - que le chef de l'État avait limogée en septembre 2005 - et au Parti socialiste d'Olexandre Moroz.

Grand perdant des élections législatives du 26 mars, le parti présidentiel Notre Ukraine a obtenu moins de 14 % des voix, un résultat qui obligeait Viktor Iouchtchenko à choisir entre le camp de Ioulia Timochenko, charismatique et volontiers populiste, et celui des pro-Russes du Parti des régions de Viktor Ianoukovitch, arrivés premier lors du scrutin.

Devant l'inquiétude que suscite, chez les militants orange, l'éventuel retour aux affaires des pro-Russes, le président Iouchtchenko n'a pas osé proposer au Parti des régions de faire équipe, malgré les négociations tenues entre les deux formations. Il fera donc plutôt le pari d'une nouvelle coalition orange, au sein de laquelle il sera en position de faiblesse face à Ioulia Timochenko.

Tout reste cependant encore à faire entre les nouveaux alliés. Car le communiqué publié par Notre Ukraine n'évoque pas la délicate question du poste de Premier ministre, revendiqué par Ioulia Timochenko.

Viktor Iouchtchenko déteste cordialement l'égérie de la Révolution orange qui le porta au pouvoir à la fin 2004 : « Ioulia Timochenko ne tient jamais ses promesses et il est très difficile de lui faire confiance », déclarait, hier, un proche du Président.

Les négociations, qui dureront plusieurs jours, voire plusieurs semaines, porteront notamment sur la répartition des postes entre les formations, mais également sur le programme économique qui sera mis en oeuvre.

Les marchés redoutent le retour de Timochenko, qui avait menacé de revenir sur certaines privatisations obscures de grandes entreprises d'État, et qui conteste l'accord conclu par le président Iouchtchenko avec Moscou après la guerre du gaz au début de cette année.

Ce sont les députés qui nommeront le futur Premier ministre, suite à une réforme constitutionnelle qui donne au Parlement ukrainien un rôle supérieur à celui du Président. Avec un gouvernement de coalition dominé par le bloc Timochenko, la dame aux tresses blondes entame un second chapitre de sa carrière politique en position de force face à son allié d'hier, aujourd'hui obligé de compter avec elle.

Alexandre BILLETTE.



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13 Comments:

At avril 11, 2006 9:40 AM, Anonymous Anonyme said...

"Ca fait tout de même un peu bizarre de dire " Les jeunes vont bien, la preuve, ils se suicident moins qu'avant."

Aaah, nuance, les jeunes vont MIEUX! S'ils se suicident moins qu'avant...

C'est pareil pour les premier ministres: depuis Beregovoy, les premiers ministres vont mieux, ils se suicident moins qu'avant...

 
At avril 11, 2006 10:19 AM, Anonymous épi said...

Est-ce qu'échaudés par la canicule de 2003 les vieux mourraient moins qu'avant ?
On le dirait bien, regardez Gisquette.

 
At avril 11, 2006 10:22 AM, Blogger Rom said...

Et moi qui pensait que Jean Boissonnat était mort. Si ça se trouve, il l'est peut-être et des pigistes se relaient pour faire croire aux lecteurs de Ouest-France qu'il est toujours parmi les siens. D'où le n'importe quoi en matière éditoriale ?

 
At avril 11, 2006 12:06 PM, Anonymous bijou contemporain said...

pour ton assoc, tu peux compter sur moi
(pas peu fier d'etre le premier adherent)
mais au lieu de "lecteurs des journaux" faut peut-etre faire "lecteurs, auditeurs et telespectateurs qui ont des envies de meurtres devant les inepties journalistiques sans frontieres"

blop

 
At avril 11, 2006 12:31 PM, Anonymous Anonyme said...

« les premiers ministres vont mieux, ils se suicident moins qu'avant... »

disons qu'ils le font de manière plus symbolique...

 
At avril 11, 2006 1:32 PM, Blogger el ryu said...

Arrêtez d'êtres plus drôles que moi sinon je vais encore censurer !!

 
At avril 11, 2006 2:30 PM, Blogger ma-tvr said...

pour en savoir plus sur la révolution orange,
http://www.monde-diplomatique.fr/2005/10/CHETERIAN/12816
c'est quand même loin d'être un modèle Mme Timochenko

 
At avril 11, 2006 4:59 PM, Anonymous TB said...

El Ryu> C'est un peu dire : "Ça se voit pas à la télé mais en fait elle est complètement conne !"

Déjà j'ai pas souvenir d'un homme politique pour lequel ont aurait employé ce genre d'argument. Et pourtant je suis sur qu'on aurait pu.


Non on n'aurait pas pu. Parce que chez le mâle politique : "Ça se voit à la télé qu'il est complètement con !"

 
At avril 12, 2006 7:39 PM, Blogger brigetoun said...

oh merci à vous tous j'ai bien ri. Et j'ai même rencintré un de mes neveux ou presque (vous pouvez le retrouver, "mère est ravie". J'adhérerais bien à l'association

 
At avril 12, 2006 8:03 PM, Anonymous erka said...

A propos de la revolution "Orange", j'avais lu il y a qques temps que le fils de Viktor Iouchtchenko etait proprietaire de la marque "Revolution Orange" et avait en quelques mois ammasse une fortune (de qques millions de $) sur les profits generes par la vente de gadget/echarpes/fanions orange.
Ca m'en avait bouche un coin et definitivement rassure sur l'honnetete affichee (et raportee) du papa.
Sois disant il etait cense reverser tout ca a des "oeuvres", qqu'un sait si ca c'est passe ???
Je comprend apres ce genre de coup que les electeurs se detournent encore d'un tel hero...

 
At avril 12, 2006 8:27 PM, Anonymous Anonyme said...

Peut-être, après tout, que le Jean, il aurait une utilité: t'apprendre à écrire correctement le français?

Bouaf! Je suis un vieux con réac, hein?
Et anonyme, bien sûr, tiens!

 
At mai 03, 2006 2:54 AM, Anonymous wladimir said...

Finalement, et je m'etonne que personne n'y ait pense plus tot, le meilleur moyen de lutter contre le chomage si celui ci touche la jeunesse serait de lutter contre la jeunesse !!!
Vous comprennez ?
Hop, on eradique la jeunesse comme ca le chomage ben ... il a plus rien pour se nourrir !!!
Et donc un chomage qui n'a plus rien pour se nourrir un est un chomage qui meurt !!!

 
At mai 03, 2006 2:59 AM, Anonymous wladimir said...

"" Bouaf! Je suis un vieux con réac, hein?
Et anonyme, bien sûr, tiens! ""

Bon alors la mon ami, il va vous faloir choisir.
Ou vous etes con, ou vous etes reac ou vous etes anonyme.
Je ne vois pas, mais alors pas du tout, de quel droit vous vous accapareriez ainsi ses 3 qualificatifs tout seul a votre propre compte.
Non mais ... (et n'essayez pas de m'embrouiller sous pretexte que vous vous appelez anonyme !!!)

 

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