samedi, février 21, 2009

la connerie connait pas la crise

Entendu également à la radio cette semaine un trader commenter la décision de sa banque (je sais plus laquelle mais financièrement aidée par l'état dernièrement) de ne pas verser à ses cadre le bonus de fin d'année ou celui du début de l'année, j'en sais rien je sais pas comment ils fonctionnent mais bon j'imagine que l'arbre de noël du C.E est en décembre comme dans toute les boites et qu'ils assistent à des spectacles à la con fait par des "artistes" qui doivent certainement détester les enfants avant de repartir avec une voiture télécommandé, une poupée Barbie et des gaz dans l'estomac rapport au mousseux de merde et au cake étouffe chrétien qu'on te sert dans ces occasions là.

Et le mec il dit "Ouais bon c'est sur que les résultats sont pas au rendez vous cette année mais bon du coup ça a été une année de travail super dure à cause de toute ces pertes. Donc on aurait bien mérité quand même quelque chose."

J'adore.

Si tu suis bien ça fait :

  1. Quand il y a des gains on mérite des bonus parce qu'on a fait gagner de l'argent à la banque
  2. Quand il y a des pertes on mérite des bonus aussi parce que ça nous a fait super mal au cœur de perdre tout ce pognon et qu'on a vomi.
Je suis sur que tout les salariés et non salariés qui on eu une année de merde vont être d'accord avec toi. Faut voir que pour beaucoup quand même les années difficiles c'est tout les ans et depuis longtemps. Avec des bonus pour chaque année de merde on résoudrait un peut près tout les problèmes d'un coup. C'est une idée à proposer. Et vous nous rendez l'argent quand ça ira mieux ! Imagine Sarko à la fin de cette année après la faillite de la dernière banque française. "Bon ce Coup là je vous invite tous chez Castel et je vous nettoie le 93 aux stock options"!

Ce que le gars sous entend c'est l'idée du salaire au mérite. D'accord on a merdé mais on a été méritant. "Tiens si on analyse bien les choses c'est même pas de notre faute si la bourse c'est effondré. C'est vrai comment veux tu qu'un trédeur il arrive à lui tout seul à faire des gains avec un marché mondial des actions qui se casse la gueule. L'état devrait nous refiler direct de la tune pour nous dédommager. Comme une boutique de lingerie qui serait obligé de fermer à cause d'une inondation, d'un séisme ou d'une guerre nucléaire."

Ce mec est sensé avoir fait plein d'études, il doit être super bon en calcul mental, tu sais le genre de mec qui arrive à se rappeler combien font 6 fois 7 et 7 fois 8 et aussi 8 fois 6 (je sais pas pourquoi mais ceux là j'arrive jamais à m'en souvenir, j'aurais jamais de bonus, j'en mérite vraiment pas, chuis trop con) c'est grâce à des mecs comme ça qu'on est allé sur la lune et que si on y avait pas été et bien.... et bien .... harg....Et oui c'est à cause de ce genre d'abruti qu'on y est allé pour juste se regarder de loin de quoi on avait l'air. Le mec il a fait " Oh c'est tout bleu !" et il est revenu. Une nouvelle ère pour l'humanité c'était ouverte. Et maintenant c'est la crise mondiale, la planète se réchauffe et tout le monde s'en fout de la lune. Triste destin.

Bref, ce qui est drôle c'est que le premier concerné par la chose, ou qui du moins devrait être, s'avère n'avoir rien compris au capitalisme. Le mec dans ses rêves il croit encore que le système entier fonctionne au mérite. Parce que tu vois il pense avoir mérité l'argent qu'il n'aura pas cette année. Mais encore plus con, il pense également avoir mérité l'argent qu'il a gagné tout ces années d'euphories boursières qui nous ont menées à la débâcle totale d'aujourd'hui. Attend mais ils sont tous comme Gérôme kerviel ou quoi ? Ça fait flipper sa race !

Parce ce que Kerviel c'est ça aussi, il a suffit qu'il s'exprime dans les médias pour qu'une sorte de petit génie de la finance dans l'imaginaire des gens, ne devienne qu'un pauvre couillon Bac +5. Bac+5 mais couillon quand même. Le mec va nous ressortir à l'envie les trucs du genre " Ah mais je me rendais plus compte tu vois, je dépensait 200 000 boules un jours puis 500 000 000 boules le lendemain, puis après 700 000 000 000 boules et la fin quand tu claquait 900 000 000 000 000 boules ça te faisait plus rien quoi. J'étais en décalage avec la réalité quoi."Lui aussi c'est une victime quoi. T'a envie de prendre un truc très lourd et de lui foutre sur la gueule. C'est marrant il ressemble a Martin Sheen en moche.

En fait voilà, Gérome il voulait aussi être méritant. Un bon garçon méritant. Sa maman elle aurait été fière de son garçon et maintenant elle pleure au parloir de la prison. J'aimerai savoir une question moi s'il vous plaît, ils ont tous des problèmes d'égo les mecs là bas dans les hautes sphères ?

Non mais sinon on comprend mieux la merde dans laquelle on est.

Eh ben ouais parce qu'ils sont pas fut fut. Déjà tu vois faudrait revenir aux bases et leur expliquer des trucs genre la rareté. Tu sais le truc qui fait qu'un diamant coûte plus cher qu'un litre de flotte alors que "QUAND T'ES DANS LE DÉSERT...DEPUIS TROP LONGTEMPS...TU TE DEMANDE A QUOI ÇA SERT UN DIAMANT... TU VOUDRAIT BIEN AVOIR UN LITRE DE FLOTTE POUR PAS MOURIR DE SOIF COMME UNE MERDE GNA, GNA,GNA " (sisi vas y chante le ça marche comme la chanson).

Allez cours de rattrapage sur la valeur ! Prenez vos cahiers !

T'es payé comme un nabab parce que tes compétences sont valorisée par le marché en fonction de leurs raretés ducon ! Parce que dans une économie "C.A.P.I.T.A..L.I.S.T.E" si y a plusieurs personne à vouloir un truc, et que y a pas beaucoup de truc et bien sa augmente la valeur du truc ! Et le truc du coup on peut pas vraiment dire qu'il a du mérite. Et que même dans ton cas si on veux garder le truc pour que quelqu'un d'autre l'ai pas il faut casquer toujours de plus en plus. Dis autrement, dans un autre contexte, tu vaudrais peut être mille ou plusieurs millier de fois moins. Et ça te rendrait pas pour autant moins méritant, tu ferais juste la gueule parce que tu pourrais pas renouveler ton abonnement de golf.

T'as fait des études difficile ? Ton travail est difficile ? Et bin je vais te dire c'est pas tout les jours facile d'être un cancre et si tu connais un boulot facile, même mal payé, fait moi signe, ça me changera des boulots difficile très mal payé.

Dans quel monde ils vivent ? Ils croient encore au père noël ou quoi ?


Et la vente berger yves saint lo par exemple. Pourquoi les prix de toutes ces "zoeuuvrrrrres d'hhâââ^rrrt" explosent les sommets des plafonds ?

"Parce que tout le monde ils les veux en même temps et que y en a pas beaucoup genre même c'est des pièces uniques et que c'est des stars vachement connu qui les ont acheté et qu'ont même vécu avec, et qui les ont peut être touché des fois même parce que y avait une petite poussière dessus et que ça les énervait alors ils ont fait pffuuut et c'est parti et que la télé et la radio nous gavent avec le truc depuis une semaine ?"

Ah oui très bien, la voilà, théorie de la valeur, c'est très bien, c'est tout à fait ça.

Mais aussi attention pas seulement. Si tu réfléchit au truc, et c'est là qu'à mon avis toutes ces chèvres de journalistes et d'éditorialiste se vautrent dans l'indécence la plus absolue en rapportant cette information sur le thème de "la vente du siècle", le prix de toutes ces merveilles produites grâce au génie humain, est avant tout le fruit d'une exceptionnelle concentration de la richesse.

Ben oui, si la richesse était mieux répartie, ce qui serait souhaitable, tout le monde est d'accord là dessus n'est ce pas, y aurait personne pour claquer tout ce pognon. Ou alors faudrait se mettre à plusieurs et tu repartirais avec juste l'accoudoir du fauteuil machin et t'aurait l'air con. Ca marcherait pas.

En fait qui peut dire "combien ça coute" exactement toutes ces antiquité qui dans le désert te serviront à rien si t'as juste besoin de boire un coup ? La loi de l'offre et de la demande et de ma main dans ta gueule elle nous dit juste dans ce cas que la demande elle est pété de tunes, et que si , dans un "autre monde", on avait été un paquet de mecs à pouvoir et à vouloir se payer une tête en bois taillée au silex par un quidam à poil dans la jungle au fin fond de je ne sais où dans un vieux billeau de bois qui trainait par là, et qu'aurait orné le dessus de cheminé de ce cher Yves et de ce très sympathique Pierre et ben même beaucoup plus nombreux avec 1000 fois moins de moyen le prix des trucs au final il serait plus bas.

Tu vois bien que c'est pas la loi de l'offre et la demande qui fixe le prix des choses, enfin pas seulement, il y a aussi l'injustice sociale ! En fait , à la fin, pour résumer, pour conclure, in fine, Pierrot le Berger, il vient de s'enrichir beaucoup parce qu'il y a beaucoup de riches. C'est formidable non ? Et ça marche même en pleine crise économique. Le truc qu'est con à dire c'est que si il y avait moins de riches, y aurait moins de riches. Je sais pas quoi penser de tout ça mais je me dit que tout ces petits malins ils se marrent bien.

En fait tu vois le capitalisme a un gros problème, et c'est pas d'aujourd'hui que je le pense , il est très mauvais pour fixer le prix réel des choses. Du coup les traders ils pleurent pour leur bonus au lieu d'aller se cacher dans une grotte humide et sombre loin dans la montagne tellement ils ont la honte.

Je repense souvent à la fin du film "Théorème" de Pasolini avec le mec , un bourgeois quinquat , qui se trouve dans une gare et qui réalise un truc, il se fout à poil et commence à marcher parmi la foule. Puis tu le vois courir vers le lointain dans un désert en gueulant les bras écartés. Faut avoir vu le film pour comprendre . Et peut être même qu'en se moment c'est plus facile à comprendre.

8 Comments:

At février 28, 2009 6:41 AM, Blogger Alex said...

Non seulement ils ne devraient pas avoir de bonus cette année; mais ils devraient rendre le bonus des 10 dernières années puisque qu'on a aujourd'hui la preuve que cet argent venait d'une bulle auto-alimentée bref que cet argent était virtuel. Pourquoi la "correction du marché", c'est le couillon d'employé de chez Molex qui se la prend au cul? Y'a pas à dire c'est quand même bien fait.

Notes à el ryu. Je ne voudrais pas que tu crois que tes billets prennent de la valeurs parce qu'ils sont rare - on en a tous besoin même dans le désert;)

Note 2 : nan nan, c'est pas avec des types sorti des écoles de commerce qu'on aurait été sur la lune. Dans les écoles de commerces on fait du catéchisme libéral certainement pas de la science.

 
At février 28, 2009 1:04 PM, Anonymous Patrick said...

Nan nan, c'est pas avec de la science qu'on est allé sur la lune. C'est avec des ingénieurs. L'ingénieur est à la science ce que le trader est à la finance : des soutiers autistes.

 
At février 28, 2009 1:05 PM, Blogger cyclomal said...

On entend aussi qu'il faut que les riches le soient de plus en plus (riches pas cons) pour que les pauvres puissent espérer être un peu moins pauvres! Les pauvres! Rapport à la bonne santé de la charité dans ce cas de figure je suppose.

Le bonus aussi, ça doit être une consolation au subalterne quand le capitaliste est archi-gavé. Genre sortie de casino "classe" où on laisse quelques plaques en bavant "personnel!", le dos déjà tourné, en route vers de nouvelles aventures...

Pas mal non plus le discours actuel sur le "sentiment" d'être dans l'indigence quand on galère grave une fois réglées les factures: Change ta perception, ducon, ça ira déjà mieux! Avec quelques galettes de terre pour apaiser la sensation de faim, comme en Haïti!

La caverne, elle y est, sous nos yeux, décorée rupestre, sauf qu'on la voit plus, on sent juste le coup de massue du gros gnarf sur notre pariétal de temps en temps. A force, on a chopé de l'humour, ça aide à faire passer le truc...

 
At février 28, 2009 2:54 PM, Anonymous jul said...

Les US ne sont pas allé sur la lune grace à leur science, mais à celle du troisième reich qu'ils se sont appropriés. Appolo n'était qu'un v2 amélioré, et ses essais secrets ont donné lieu à la naissance du mythe des ovnis.

La *vrai* science est batie sur le doute, si il est une chose qui n'est pas de rigueur ni chez les traders ni dans les grandes écoles (dont ENA), c'est bien l'apprentissage du doute.

Je doute que le capitalisme soit ce qui permette les échanges mondiaux harmonieux, car bien avant qu'il soit un catéchisme et qu'il soit théorisé, l'Europe s'est batie grace à l'échange de denrées et de savoir avec le reste du monde : regardez vos assiettes, la cuisine française est le résultat de millénaire de mondialisation :
- épices (clous de girofles, poivres) route des épices ;
- nouilles (Chine apportée par marco polo)
- crosne, piment, poivron, tomate, pomme de terre, cacao, café (nouveau monde) XVIe ;
- fromage, vin, bière : (Inde) Campagne d'Alexandre le Grand,

Le fameux régime crétois millénaire est de fait une imposture :)

La prétention que la globalisation est nouvelle est une imposture, et bizarement depuis que c'est érigé en dogme, nous n'avons jamais été aussi isolé d'influences, de savoirs, et de biens exotiques que depuis que nous habitons le village global.

La globalisation plus on en parle, moins on le fait.

 
At mars 01, 2009 1:01 AM, Blogger Crapaud froid said...

Aucun économiste ne vous prendra au sérieux mais il n'empêche : votre contestation de la loi de l'offre et de la demande est tout à fait pertinente. Cette loi ne marche que pour une seule et simple raison : les riches la prennent au sérieux. Si, dans une vente aux enchères, l'un d'eux se disait subitement : "mais je m'en fous de ces objets soit disant précieux !", il ferait tomber leur valeur à zéro. Pour lui seul bien sûr, mais s'ils sont 2, puis 10, puis 100...
Cela dit, les objets précieux n'en sont pas moins très précieux. Comprenne qui pourra.

 
At mars 01, 2009 1:32 AM, Blogger Crapaud froid said...

Tiens, ça vient de me donner une idée. On peut imaginer qu'un jour, la société civile pourra décider que certaines œuvres d'art sont suffisamment précieuses pour n'appartenir à personne, sauf à la collectivité. Comme elles seront sans doute trop nombreuses pour être toutes contenues dans les musées, elle pourraient être louées à des personnes privées contre monnaie sonnante et trébuchantes, ce qui permettra de financer leur entretien. Corollaire amusant : l'amateur pourra ainsi louer les œuvres d'art de deux façons : par l'argent et par le verbe.
Note : l'idée se fonde sur le distinguo entre valeur marchande et valeur d'usage. Seule la première participe du droit inaliénable à la propriété. La seconde, culturelle ici, n'a de sens que sur le plan collectif. Le droit actuel autorise l'amateur d'art fortuné à spolier la collectivité de ce qu'elle produit de meilleur.

 
At mars 04, 2009 4:01 PM, Blogger blaise said...

El Ryu,

il me semble que le terme "salaire au mérite" introduit une confusion pour penser le travail. Elle associe "investissement au travail" et "résultats du travail". Elle réduit par ailleurs la plupart du temps les résultats du travail à des objectifs mesurables, fixés préalablement. Or il y a une différence majeure entre rémunérer un salarié avec une part variable liée aux résultats du travail, et rémunérer le même salarié avec une part variable liée à l'intensité de son investissement dans le travail. Tout repose sur la confusion par indistinction entre résultats du travail et travail : l'un n'est pas équivalent à l'autre, contrairement à ce qu'a cru ce trader. Et les effets de cette indistinction ne sont à mon avis pas neutres dans ce qui a conduit à "la crise" que l'on connait, et qu'ils ont connus.

Dans le cas examiné, si l'on accorde foi aux propos du trader, il est facile d'imaginer qu'il a travaillé avec acharnement, autant ou même plus que d'habitude, pour gérer la crise. On peut également imaginer qu'il n'a pas atteint les objectifs initiaux qui lui étaient confiés. Objectifs qui, selon Keriel, se déterminaient en % de chiffre supplémentaire à atteindre, selon un principe du "toujours plus, peu importe comment".
Une fois cela posé, si le "salaire au mérite" rétribue l'investissement personnel : pourquoi le trader n'aurait-il pas un bonus cette année ? D'un point de vue subjectif, cette demande est incontestablement légitime. Si au contraire, le salaire au mérite rétribue les résultats, dans ce cas, les traders ne peuvent pas y prétendre, mais alors, pourquoi leurs objectifs n'ont pas été revus en cours d'année ?

Par cet exemple, on voit bien qu'à partir du moment où l'on introduit la notion de "mérite", les règles du jeu auxquelles on se réfère pour déterminer ce fameux mérite deviennent flous, voire dangereuses pour le salarié, et même socialement. J'en mène une rapide critique.
Dans le cas d'une évaluation aux résultats, la plupart du temps, si les objectifs sont atteints, l'évaluation ne dit rien de la qualité du travail réellement fait, de ce que l'on a dû mobiliser comme moyens, ou laisser de côté, pour les atteindre. Il est évident que lea crise met en perspective la qualité du travail fait depuis 10 ans (pour reprendre vos propos). Cette évaluation ne dit rien non plus de ce que l'on mobilise subjectivement, avec quels effets dans sa vie, pour atteindre les objectifs fixés : sur-charge de travail, pression, recours à des produits stupéfiants, vie de famille réduit à la portion congrue pour les traders, etc. Enfin, dans le cas où les résultats ne sont pas atteints, l'évaluation ne dit rien non plus des difficultés rencontrées (aléas, événements, manque de moyens, etc.).
Dans le cas où l'évaluation se porterait sur le mérite lié à l'engagement au travail, on peut dès lors s'interroger pour savoir comment l'on fait pour dire "untel est plus méritant qu'un autre" ? Si c'est lié au degré d'investissement dans le travail, comment l'évaluer ? Sachant que tous n'ont pas les mêmes facultés, les mêmes facilités à apprendre ou à faire certaines tâches. Un novice mettra plus de temps et d'énergie à faire une tâche qu'un expert. Est-il pour autant moins méritant ?
Tout ce qui renvoie au travail est une boite noire qu'on ne peut pas mesurer ou évaluer comme cela, de manière transparente.

Cet exemple du désappointement du trader illustre ici les ambigüité de la doxa managériale. Cette dernière emploie des concepts apparamment légitimes à nos subjectivités, tels que l'autonomie, le mérite, l'évaluation, la performance, etc. Mais il ne faut pas oublier qu'une des grandes questions de l'entrepreneur capitaliste est de savoir comment maximiser le ratio coût/création de valeur du travail. Le plus vieil instrument de cette maximisation passant par le contrôle de l'investissement des travailleurs : qu'il se mesure par des indicateurs de temps, qu'il s'évalue à l'aune de la qualité obtenue, etc.
Dès lors, on peut comprendre ces concepts un peu flou (mérite, autonomie, évaluation, performance, etc.) comme des outils de management pour mobiliser subjectivement les travailleurs afin d'obtenir d'eux un auto-investissement au travail, et même un auto-consentement à ces valeurs un peu flou.

Quand tout se passe bien, le retour peut être gratifiant pour le salarié en matière d'argent, d'estime de soi également. Par contre, et voudrais-je dire la plupart du temps aujourd'hui, si les résultats ne sont pas au rendez-vous, ou s'ils s'obtiennent à un coût trop important pour la santé (physiquement, moralement, éthiquement, socialement, etc...), ces techniques de management se retournent contre les individus eux-mêmes et leur santé ; mais également contre les entreprises, voire contre la société.
Pour les individus, je renverrai aux différents cas de stress, de suicides au travail, de dépression et de violences diverses dont on commence à trouver de plus en plus régulièrement témoignage dans la presse, mais que l'on vit soi-même, ou que l'on cotoie via son entourage. Pour notre société et les entreprises, la crise financière en est selon moi une illustration.

Cette illustration vaut remarquablement pour le reste de notre société. L'exemple du système bancaire est suffisamment fragile et central pour que les effets y soient démultpliées. L'enseignement ç en tirer pourrait en être le suivant : comment peut-on penser ensemble, en même temps, la recherche individuelle d'atteinte de résultats desquels le salarié obtiendra un surplus de rémunération, et l'élaboration collective d'une pensée sur ce que l'on fait dans le travail, et ce que cela produit, notamment en termes de risques individuels (santé) et collectif ?
Dans cette évolution, il sera intéressant de voir ce que rendra la justice entre responsabilité individuelle et responsabilité collective, notamment adns les procès AZF et Keriel.

 
At mars 07, 2009 7:46 PM, Anonymous Anonyme said...

Bravo!!
je viens de lire la plus grande partie de vos articles
un régal !!
je voudrais avoir votre humour pour les aricles de mon blog
mais c'est impossible je n'y arrive pas
Alors pardonez moi mais je pique vos idées

Le Gravier

 

Enregistrer un commentaire

<< Home